没有文明

Tue-moi tue-moi ne me laisse pas crever de rien ne me laisse pas finir à cause de rien je ne suis pas rien

fohk:

I’m not sure of anything by remi voltage on Flickr.

J’aurais pu avoir le talent nécessaire pour te l’écrire. Ce poème. Te dire pourquoi c’est toi que j’ai choisi même si de toute façon je ne le sais pas. Parce que ca passe au-delà des mots et si je commençais à l’expliquer de toute façon je les perdrais. C’est quelque chose entre tes yeux et tes lèvres, entre tes mains et tes pieds, quelque chose en toi qui m’affole. J’ai un truc dans le ventre qui se réveille et qui réclame soulagement, comme un abcès d’envie de toi à percer au fond de moi, tes soupirs qui m’assassinent. À chaque fois que tu respires, entre ton inspiration et ton expiration, je retiens mon souffle, j’ai comme l’impression que ton corps va s’arrêter de fonctionner à cet instant et que je vais te perdre, quand j’entends l’air emplir tes poumons, je suis soulagée et quand je ne te vois plus dans le noir, je cherche ton visage à tâtons et je redécouvre à chaque fois des parties de toi que je ne connaissais pas vraiment.

J’aurais aimé avoir le talent nécessaire pour te l’écrire ce poème, faire glisser mes doigts contre ton dos quand le tonnerre de ma peine fait trembler les murs de la chambre vide. J’aurais voulu écrire un poème aussi beau que toi et te dessiner aussi mais je ne sais pas faire et les images se brouillent quand la nuit m’arrache les yeux. De l’intérieur, j’ai un portrait précis, quelque chose de fixe qui ne bouge pas quand je fais s’écrouler le monde autour. Quelque part mon rocher, m’y raccrocher des ongles quand je pars loin de la rive et les continents qui dérivent et me font tendre les bras pour ne pas te lâcher la main.

J’aurais aimé avoir le talent nécessaire pour te l’écrire. Te le murmurer à l’oreille quand tu me fais l’amour, des je t’aime moi non plus que j’envoie mourir contre ta langue, des encore, plus fort dedans dehors dedans dehors, ces hystéries matinales et ces cheveux devant tes yeux que tu chasses du revers de la main, ces petits gestes qui me rendent dingue, qui m’accrochent le cœur au bord des yeux quand j’y repense, me bouleversent à l’intérieur, me renversent la tête à l’envers quand tes paupières se collent au miennes.

J’aurais aimé écrire ton corps comme un ciel d’orage, illuminé de l’intérieur je n’en voyais pas les contours. Le ventre dessiné à l’arc électrique statique qui s’accroche à mes doigts, il y a quelque chose d’infini dans tes yeux couleurs de pluie qui m’accroche au ciel.

La voix qui s’éraille le long des brumes qui trempent l’horizon, diluent mon souvenir et ta silhouette, l’ombre de toi-même à porté de main s’enlace, se délasse, s’abime encore un peu.

corregida:

con el agua al cuello, 2009.

corregida:

con el agua al cuello, 2009.

(via corregida)

(Source : corregida, via corregida)

untrustyou:

Hirohito Nomoto
busbyj:

Photographer: Jason BusbyModel: Jordan Proper

busbyj:

Photographer: Jason Busby
Model: Jordan Proper

(via gorgeous-overdose)

20aliens:

Luigi Ghirri

20aliens:

Luigi Ghirri

(via koorik)

“C’est injuste de ne pas manquer à une personne qui vous manque.”

Je voudrais tout oublier et ne plus écrire, je voudrais t’emmener à la plage et regarder les bateaux jusqu’à ce que le soleil se couche et écouter le bruit des vagues la nuit qui s’allongent sur la plage. Je voudrais aller au restaurant et qu’on puisse fumer et qu’en me racontant ta journée tu me piques mes cigarettes, que tu me demande si ca ne me gêne pas et non ça ne me gênera pas. Je veux rouler ton tabac pendant que tu dessines sur le sol de l’appartement et te tendre un briquet et remplir ton verre et être ivre avec toi et vivre avec toi chaque jour qu’il me reste parce que sans toi je n’ai rien à faire qu’a attendre de revoir ton sourire se dessiner sur la pas de ma porte. Je veux te prêter mes vêtements et tout ce qui est à moi, je veux te montrer tout ce que je sais et t’apprendre à parler l’italien. Je veux attendre le soir sur le canapé et regarder l’heure, m’inquiéter lorsque tu es en retard sans m’en faire des films pas possibles et sentir mon cœur s’envoler quand tu t’avances. Je veux dormir avec toi, je veux dormir dans tes bras parce qu’il n’y a que tes bras que je n’ai jamais pu supporter autour de moi, je veux me réveiller avant toi le matin et te regarder assoupie, avoir envie de toi et te laisser rêver, caresser ton dos et embrasser tes paupières pleines de sommeil et qu’au réveil tu n’en saches rien les songes dilués dans ton café, murmurer je t’aime sans que tu m’entendes et faire le pari que si tu m’entends c’est que tu ne t’envoleras jamais et puis remettre la couverture sur tes épaules et sur tes pieds pour que surtout tu ne prennes pas froid, te serrer fort et me dire que tu ne t’envoleras pas. Je veux t’écrire des poèmes juste pour imaginer ton visage quand tu les liras et faires des photos avec toi dans une cabine à la gare juste avant que tu ne partes et attendre la dernière seconde que les portes se referme pour me dire que j’aurais du monter dans le train pour t’embrasser et puis pleurer dans le métro. Je veux visiter des musées avec toi et voir des expos et te dire que toi aussi tu pourrais y être parce que tu en as le talent et me dire que je suis nulle et me dire que je ne te mérite pas et me dire que j’ai tant attendu que l’ange tombe du ciel pour me prendre dans ses bras qu’il faudrait savoir en profiter. Je veux attendre que le temps passe avec toi, parce que c’est bon d’attendre avec toi, et qu’on devienne vieilles et qu’on devienne moches et qu’on devienne chauves et qu’on devienne folles dans une maison et qu’on ait des chiens et des oiseaux aussi peut être, désirer n’avoir connu que toi et que tu n’aies connu que moi et oublier tout ce que je sais, n’avoir rien à t’apprendre et sourire en regardant les infos parce que je pourrais peut être un jour pour de vrai te demander de m’épouser. Je veux regarder l’heure toutes les deux minutes dix huit secondes avant que tu ne passes ma porte et te faire l’amour sur le parquet et te faire l’amour dans la baignoire et te faire l’amour sur la moquette et te faire l’amour sur le carrelage et te faire l’amour dans la forêt et te faire l’amour dans ta voiture et te faire. Ressentir. Par mes mots. Un peu de l’espoir que tu me donnes quand ta bouche se referme sur la mienne pour enfin la faire taire.